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Il y a bien des « pluies » de diamants sur Neptune et Uranus, on en a même recréées en laboratoire

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L’hypothèse était avancée par les scientifiques depuis plusieurs années. Et pour la première fois, l’université de Stanford a mené une expérience en laboratoire qui confirme l’existence de « pluies » de diamants sur les deux planètes.

Vous vous souvenez de l’arbre à Simflouz ? Ce petit arbuste desséché sur lequel poussaient des billets par dizaines dans les Sims. Eh bien sur Neptune et Uranus, la vie a l’air d’être à peu près aussi simple (hormis l’atmosphère de méthane irrespirable) en ce qui concerne la cueillette de richesses. Sur les deux planètes bleues, il suffirait (presque) de se baisser pour ramasser des diamants, qui y giclent par « pluies » régulières.

L’hypothèse de la présence « d’océans de diamants » sur ces géantes de glaces avait été avancée par une étude américaine dès 2010. Elle vient d’être confirmée par une expérience en laboratoire menée par l’université de Stanford, durant laquelle les chercheurs sont parvenus à générer une « pluie de diamants » en recréant les conditions atmosphériques sur Neptune et Uranus. Leur étude a été publiée le lundi 21 août dans le journal scientifique Nature Astronomy.

Crushing pressures in the atmospheres of Uranus & Neptune make diamonds from hydrocarbons… now quantified in lab. https://t.co/0C75hLlofQ pic.twitter.com/lL0onjanNO

— Nature Astronomy (@NatureAstronomy) 21 août 2017

Transformer du plastique en diamant

Pour produire un diamant en laboratoire comme sur Neptune ou Uranus il vous faut : un bout de polystyrène, un laser, et une pièce avec tout un tas de matériel.

« Les pierres produites sur les deux planètes pourraient être bien plus grosses, peut-être de l’équivalent de millions de carats. »

Pendant cinq jours, une équipe de 15 chercheurs internationaux s’est donc enfermée dans l’espace confiné du SLAC National Accelerator Laboratory de l’université de Stanford, aux États-Unis, pour finalement réussir à donner naissance à de petits nanodiamants.

Essayons de faire simple : le polystyrène utilisé dans l’expérience est fait de carbone et d’hydrogène, deux composants essentiels de Neptune et Uranus. En pulvérisant leur bout de polystyrène avec un laser optique, les scientifiques de Stanford ont réussi à créer deux ondes de chocs qui, en se rencontrant, ont cassé le lien entre les atomes de carbone et d’hydrogène présents dans le plastique (le polystyrène utilisé), pour finalement donner naissance à des nanodiamants. Hip hip hip hourra.
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Les instruments utilisés pour l’expérience.SLAC National Accelerator Laboratory

Et selon l’équipe, il se produit exactement le même processus sur Neptune et Uranus. Sauf qu’au lieu de petits diamants riquiqui, les pierres produites sur les deux planètes pourraient être « bien plus grosses, peut-être de l’équivalent de millions de carats », peut-on lire dans le communiqué de presse de l’université. De quoi se faire une petite bague sympa quoi.

« Précédemment, les chercheurs pouvaient seulement faire l’hypothèse que des diamants se seraient formés », explique Dominik Kraus, chef de l’étude, dans le communiqué. « Quand j’ai vu les résultats de cette expérience c’était un des meilleurs moments de ma carrière scientifique. »

De la pluie à l’océan de diamants

Tout ça est merveilleux, mais que les choses soient bien claires : les diamants ne pleuvent pas vraiment sur Neptune et Uranus. À la différence de la Terre où les gouttes d’eau viennent du ciel, sur les géantes de glaces, les diamants produits coulent plus que ne volent.

Les diamants ne pleuvent pas vraiment sur Neptune et Uranus.

En fait, les deux planètes sont composées d’un cœur rocheux dur, et de plusieurs couches de « glace » – au sens astrophysique, c’est-à-dire des molécules d’hydrogène connectées à des éléments légers – dans lesquelles « couleraient » les diamants.

Profondément, très profondément, jusqu’à atteindre le noyau de la planète et s’y agglutiner pour former un « océan de diamants » tout autour. « Les chercheurs pensent aussi qu’il est possible qu’après des milliers d’années, les diamants aient lentement coulés à travers les couches de glace des planètes et se soient rassemblés en une couche épaisse autour du cœur », explique le communiqué.
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La première photo de Neptune prise par Voyager 2 en 1989.NASA

La bonne nouvelle, c’est que tout ce bazar va aussi nous servir sur Terre : les nanodiamants sont utilisés dans l’équipement scientifique et les composants électroniques. Sauf que jusqu’ici, ils étaient produits par détonation. Alors forcément, une production par laser en laboratoire, ça fait moins de ménage derrière. Merci pour l’astuce Neptune et Uranus.

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